·Revu par Comité éditorial Cardio France

Votre cardiologue vous parle de "scintigraphie myocardique" et vous ne savez pas trop à quoi vous attendre ? C'est normal — le nom est complexe, l'examen l'est moins. Il s'agit d'une technique d'imagerie médicale qui permet de voir comment le sang irrigue votre muscle cardiaque, à l'effort et au repos. Pas d'opération, pas de bistouri : juste une injection et un appareil de détection.

Qu'est-ce que la scintigraphie myocardique ?

La scintigraphie myocardique (ou scintigraphie de perfusion myocardique) est un examen d'imagerie médicale nucléaire. On injecte dans votre sang une très faible quantité de substance radioactive — appelée traceur — qui se fixe sur les cellules du muscle cardiaque proportionnellement à leur irrigation sanguine.

Un appareil spécial appelé gamma-caméra détecte ensuite les rayonnements émis par ce traceur et reconstitue une carte de la perfusion de votre cœur. Les zones bien irriguées apparaissent normalement, les zones insuffisamment irriguées (ischémie) ou définitivement cicatrisées (infarctus ancien) apparaissent différemment.

Les traceurs les plus utilisés en France sont le MIBI au technétium-99m et le thallium-201, selon les équipements du centre. Ces substances disparaissent de l'organisme en quelques heures à quelques jours.

Pourquoi deux phases — effort et repos ? Une ischémie (manque d'oxygène) n'apparaît souvent qu'à l'effort, quand le cœur demande plus de sang. Au repos, les artères partiellement bouchées peuvent encore suffire. C'est pourquoi l'examen se fait en deux temps : une acquisition à l'effort ou sous stress pharmacologique, puis une acquisition de repos quelques heures plus tard. La comparaison des deux images révèle les zones à risque.

Dans quels cas le cardiologue prescrit cet examen

La scintigraphie myocardique est recommandée par la HAS dans plusieurs situations :

Le déroulement complet de l'examen

La scintigraphie myocardique est un examen en deux phases, séparées de 2 à 4 heures. Voici comment cela se passe concrètement :

Phase 1 : l'acquisition à l'effort (ou stress pharmacologique)

  1. On installe un cathéter (petite perfusion) dans votre bras pour les injections.
  2. Vous réalisez un effort progressif sur vélo ergomètre ou tapis, comme pour une épreuve d'effort classique, sous surveillance ECG. Si vous ne pouvez pas faire d'effort physique, on injecte un médicament vasodilatateur (dipyridamole ou adénosine) qui simule les effets de l'effort sur la circulation coronarienne.
  3. Au pic de l'effort ou du stress pharmacologique, on injecte le traceur radioactif dans la perfusion.
  4. Vous continuez l'effort 1 à 2 minutes pour que le traceur se fixe correctement, puis vous récupérez.
  5. Entre 15 et 60 minutes plus tard, vous passez sous la gamma-caméra : vous restez allongé immobile pendant environ 15 à 20 minutes. La caméra tourne autour de vous — elle ne vous touche pas.

Pause entre les deux phases

Vous aurez généralement 2 à 3 heures d'attente entre les deux acquisitions. Selon les centres, vous pouvez partir manger (légèrement) et revenir. D'autres centres préfèrent que vous restiez sur place. Renseignez-vous à l'avance.

Phase 2 : l'acquisition au repos

  1. Deuxième injection du traceur, cette fois sans effort.
  2. Nouvelle acquisition sous gamma-caméra (15 à 20 min).
  3. Le médecin nucléaire compare les deux séries d'images pour identifier les anomalies.

Durée totale : comptez entre 3 et 4 heures sur place, parfois plus si les deux phases sont réalisées le même jour. Certains centres étalent l'examen sur deux jours.

La radioactivité : faut-il avoir peur ?

C'est souvent la première question des patients. La réponse est claire : la dose de radioactivité reçue lors d'une scintigraphie myocardique est faible — comparable à quelques mois d'exposition naturelle aux rayonnements cosmiques que nous recevons tous en vivant sur Terre.

Le Comité Scientifique des Nations Unies sur les Effets des Rayonnements Atomiques (UNSCEAR) classe ces doses dans la catégorie "acceptables en médecine diagnostique". Les traceurs utilisés ont une demi-vie courte : le technétium-99m, par exemple, perd la moitié de sa radioactivité en 6 heures.

Femmes enceintes et allaitantes La scintigraphie myocardique est contre-indiquée pendant la grossesse (risque pour le foetus). Si vous allaitez, il vous sera demandé d'interrompre l'allaitement pendant 24 heures après l'injection (48h pour le thallium) et d'éliminer le lait produit pendant cette période. Signalez toujours votre situation à l'équipe médicale avant l'examen.

Tarif, code CCAM et remboursement

Élément Montant
Tarif CCAM DEPL003 (acte principal) Environ 470 €
Remboursement Assurance Maladie (70 %) Environ 329 €
Reste à charge avant complémentaire Environ 141 €
En ALD cardiaque (prise en charge 100 %) 0 € de reste à charge
Remboursement et complémentaire santé La scintigraphie myocardique est un acte remboursé par l'Assurance Maladie lorsqu'elle est prescrite dans le cadre du parcours de soins. Le reste à charge après Sécurité sociale est généralement couvert en totalité par les contrats de complémentaire santé de niveau intermédiaire ou supérieur. Vérifiez votre contrat ou contactez votre mutuelle avant l'examen pour connaître votre couverture exacte.

Comment se préparer à la scintigraphie myocardique

Articles connexes

FAQ — Vos questions sur la scintigraphie myocardique

Est-ce que je vais être radioactif après l'examen ?

Techniquement, vous émettrez un très faible rayonnement pendant quelques heures après l'injection. Aucune précaution particulière n'est nécessaire pour vous ou votre entourage dans la vie quotidienne. En revanche, si vous devez passer dans un portique de sécurité (aéroport) dans les jours qui suivent, munissez-vous du document remis par le centre — les détecteurs peuvent réagir.

Est-ce douloureux ?

Non. La pose du cathéter ressemble à une prise de sang. L'injection du traceur est indolore. La phase d'effort est similaire à une épreuve d'effort classique. Si un vasodilatateur pharmacologique est utilisé, vous pouvez ressentir une sensation de chaleur, de légère gêne thoracique ou de maux de tête pendant quelques minutes — ces effets disparaissent rapidement.

Quand ai-je les résultats ?

Le médecin nucléaire analyse les images après l'examen et rédige un compte-rendu, généralement disponible sous 48 à 72 heures. Ce compte-rendu est adressé à votre cardiologue prescripteur, qui vous présentera les résultats et leurs implications lors d'une consultation de suivi.

Puis-je conduire après l'examen ?

Si l'examen comprenait uniquement de l'effort physique, vous pouvez généralement conduire après la récupération. Si un vasodilatateur pharmacologique a été injecté, il est conseillé d'attendre au moins 30 minutes à 1 heure avant de conduire. Demandez confirmation à l'équipe du centre à la fin de l'examen.

La scintigraphie est-elle meilleure que l'épreuve d'effort ?

Ce ne sont pas des examens concurrents mais complémentaires. L'épreuve d'effort est souvent réalisée en premier — elle est moins coûteuse et moins complexe. La scintigraphie apporte une information plus précise sur l'étendue et la localisation des zones ischémiques, et est indiquée quand l'épreuve d'effort n'est pas réalisable ou interprétable. C'est votre cardiologue qui choisit l'examen le plus adapté à votre situation.

Faut-il être hospitalisé ?

Non. La scintigraphie myocardique est réalisée en ambulatoire, dans un service de médecine nucléaire hospitalier ou en clinique. Vous rentrez chez vous le jour même, après la fin des deux acquisitions.

Trouver un cardiologue qui prescrit cet examen

Consultez notre annuaire de 10 000+ cardiologues référencés en France, données officielles ameli.fr.

Rechercher un cardiologue →